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ToggleDeux visions de la droite parisienne
Les municipales de Paris 2026 mettent en scène un affrontement inédit au sein de la droite : d’un côté, Rachida Dati, figure des Républicains et maire du VIIe arrondissement ; de l’autre, Thierry Mariani, ancien cadre de l’UMP devenu eurodéputé du Rassemblement national. Deux parcours, deux stratégies, deux conceptions de la droite.
Rachida Dati : la droite institutionnelle
Ancienne garde des Sceaux sous Nicolas Sarkozy, Rachida Dati incarne la droite républicaine de gouvernement. Sa candidature s’appuie sur son ancrage local — elle est élue du VIIe arrondissement depuis 2008 — et sur sa notoriété nationale renforcée par son passage au ministère de la Culture.
Son programme met l’accent sur l’attractivité économique de Paris, la lutte contre l’insécurité et la défense des classes moyennes. Elle se veut le recours naturel pour les électeurs de droite modérés qui refusent de voter RN.
Thierry Mariani : la droite nationale
De son côté, Thierry Mariani porte une droite plus identitaire et souverainiste. Son programme pousse les curseurs plus loin que celui de Dati sur la sécurité et le logement, avec notamment la priorité nationale. Il assume un positionnement clivant, estimant que la droite LR a échoué par manque de courage.
Son parcours — du RPR au RN en passant par l’UMP — illustre une trajectoire que plusieurs figures de la droite traditionnelle ont empruntée ces dernières années, légitimant aux yeux de ses partisans le rapprochement entre droite classique et droite nationale.
Les points de convergence
Malgré leurs différences, les deux candidats partagent un socle commun : la critique de la gestion socialiste de Paris, la volonté de renforcer la sécurité et le souhait de redonner de l’attractivité à la capitale. Sur la propreté, les transports et la lutte contre les squats, leurs propositions se rejoignent souvent dans les objectifs, même si les méthodes divergent.
Les points de rupture
C’est sur les sujets identitaires que la fracture est la plus nette. La priorité nationale au logement, défendue par Mariani, est rejetée par Dati. Les positions pro-russes de l’eurodéputé RN constituent un autre point de clivage majeur, Rachida Dati se montrant beaucoup plus atlantiste.
En termes de stratégie électorale, Dati vise la victoire finale et un ticket pour l’Hôtel de Ville, tandis que Mariani cherche à implanter durablement le RN dans le paysage parisien, conscient que les sondages actuels ne le placent pas en position de l’emporter.
Un duel qui profite à la gauche ?
La fragmentation du vote de droite entre Dati, Mariani, Bournazel et Knafo fait le jeu d’Emmanuel Grégoire et de la gauche. Dans un scrutin par arrondissement, la division peut coûter cher. La question d’éventuelles alliances ou fusions de listes au second tour sera déterminante pour l’issue du scrutin.
